Ruth
Chapitre Huit
Amené en union avec Christ
Nous venons maintenant au quatrième et dernier chapitre de ce merveilleux livre. Comme le chapitre trois se terminait, Naomi a dit que Boaz ne se reposerait pas jusqu’à ce qu’il ait accompli ce qu’il devait faire le jour même. Le chapitre quatre commence donc avec Boaz traitant avec le plus proche parent de Ruth, l’homme qui avait le premier droit sur Ruth et sur son héritage. Selon Deutéronome 25 :5 et Nombres 36 :7-8, le plus proche parent avait la responsabilité d’épouser la veuve du défunt afin d’élever ses enfants au nom de celui-ci. Autrement son héritage parmi les enfants d’Israël serait retranché de sa tribu. Ceci était le but de cette transaction.
Un plus proche parent
La question maintenant est : qui est ce plus proche parent ? Nous pouvons avoir l’argument que le livre de Ruth est principalement une belle histoire et que la doctrine n’a pas sa place dans ce livre. Selon cette pensée, lorsque Boaz dit : « Il y a un parent plus proche que moi » cela ne fait que rajouter plus de piquant et de romance à l’histoire. Néanmoins, il est clair que Boaz représente Christ et que Ruth nous représente. Donc, il doit être très significatif que quelqu’un de plus proche soit relié à Ruth plus que Boaz ne l’est, même si le désir de Ruth est pour Boaz, et qu’elle s’est donné à lui.
L’homme naturel et ses quêtes
Frère Lee a interprété ce plus proche parent comme étant l’homme naturel. Ceci est une grande lumière, particulièrement lorsque nous comprenons son implication. Le plus proche parent a le droit de déclarer son apanage sur Ruth. Et si tel est le cas, alors comment peut-elle s’offrir à Boaz ? Si notre homme naturel est notre plus proche parent, et s’il est le premier à avoir droit sur nous, comment nous sera-t-il possible d’être libérés afin de pouvoir être joints à Christ ?
Cette question du plus proche parent est manifestée particulièrement en ce que l’homme naturel poursuit. Ce que votre homme naturel et mon homme naturel poursuivent, peut être très différent. Cela concerne habituellement ce que votre homme naturel considère comme étant dans son intérêt. Si vous êtes brillant, votre homme naturel aura des tendances vers certaines choses. Si vous êtes une personne ambitieuse, vous aurez alors des tendances vers d’autres choses. Si vous êtes paresseux, il vous trouvera une autre avenue. Le monde entier est développé en fonction des divers genres de personnes avec leurs habilités et leurs intérêts. Les nombreux champs d’activité dans le monde correspondent aux différentes habilités dans les gens. De cette façon le monde correspond à l’homme naturel.
Frères et sœurs ! Nous avons tous un tel parent qui est plus proche de nous que Christ, et nous devons traiter avec ce proche parent avant que nous puissions entrer pleinement dans cette union que nous désirons tant avec le Seigneur.
Christ en tant que notre proche parent est dans notre esprit. Notre homme naturel, par contre, en tant que notre proche parent, est dans notre âme, et notre homme naturel désire quelque chose de Dieu. Très certainement, notre esprit désire Dieu Lui-même. Dans notre âme, par contre, il y a ce que l’on appelle la vie de l’âme qui désire les deux, c’est-à-dire Dieu et le monde, car ce monde est rempli de choses qui correspondent au désir des trois parties de l’homme naturel : notre pensée, nos émotions, et notre volonté. Ce sont notre pensée et nos émotions qui déterminent lequel de ces deux proches parents sera le plus près de nous.
Les trois sections du monde et notre homme naturel
Le monde est également en trois sections : la section pécheresse, la section matérielle ou physique, et la section religieuse. Le monde du péché est attirant à notre chair déchue, tandis que le monde matériel est attirant à l’homme naturel lorsque celui-ci n’est pas centré sur Christ seulement. Plusieurs, par exemple, poursuivent une certaine carrière avec une certaine entreprise afin d’obtenir un certain genre de vie confortable.
Le monde du péché, tel que dépeint dans Ruth, est traité au chapitre un lorsque Ruth a dit à Naomi : « où tu iras j’irai, et où tu demeureras je demeurerai; ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu.» (v.16) Le monde matériel est traité au chapitre trois lorsque Ruth s’est offerte totalement à Boaz dans l’aire.
À cause du fait que vous êtes quelqu’un qui a été racheté par le sang de Christ, en principe votre homme naturel ne choisira pas les choses pécheresses du monde. Il ne désirera pas non plus, en principe, l’aspect matériel du monde, si vous vous êtes consacré au Seigneur. Quel aspect du monde reste-t-il pour une personne telle que vous ? Vous serez peut-être surpris. C’est le monde religieux, qui a l’habilité de nous empêcher de jouir d’une union complète avec le Seigneur.
Le monde du péché est très près du monde matériel, mais le monde religieux semble être séparé du monde du péché et du monde matériel, du moins en apparence. Initialement, les croyants luttent avec le monde du péché, et ils échouent constamment jusqu’à ce qu’ils démissionnent. Cependant lorsqu’ils démissionnent, ils semblent trouver le secret, et alors ils sont délivrés de cet aspect du monde. Tant et aussi longtemps que nous aurons notre chair déchue, l’attrait du monde du péché demeurera. Cependant, elle ne sera pas la chose primaire à laquelle notre homme naturel sera attiré. Le prochain niveau du monde, celui que nous trouverons plus acceptable, est le monde matériel. Quoique nous soyons ceux qui suivent le Seigneur, il nous semblera quand même normal de poursuivre également une carrière, un meilleur mode de vie pour notre famille, et ainsi de suite. Un proverbe chinois dit que plus vous vieillissez, plus vous vous soucierez de l’argent, et moins vous vous soucierez des autres choses. (Dans ma vieillesse, ce qui me tente est mon désir pour la paix et le repos. Ce serait si plaisant d’être délivré de tout le chaos et des choses troublantes autour de moi.) Mais de tels désirs ne nous possèdent pas, car nous sommes pour Christ.
Quel est le combat qui confrontera toujours ceux qui se sont donnés au Seigneur ? Ce sont les tendances vers les choses du monde religieux. Nous savons que le monde du péché et le monde matériel ne sont pas pour Christ. Ce qui attire notre homme naturel maintenant est ce monde dans lequel Christ est mentionné, et où l’on en parle beaucoup, et pourtant un monde dans lequel Christ est absent. Le monde de la religion peut nous remplir de quelque chose qui est relié à Christ, une fois que le Christ vivant est parti. De cette façon, notre homme naturel, avec sa tendance continuelle vers la religion, est notre plus proche parent.
En d’autres mots, nous sommes contrôlés par notre homme naturel, et notre homme naturel est contrôlé par la religion. Plus précisément, lorsque nous, dans les églises, vivons par notre homme naturel, nous sommes liés à la religion plutôt qu’à Christ.
La religion amène les gens à perdre leur habilité à raisonner, car elle est gouvernée par le zèle et non par l’intelligence. La politique a également cet effet sur les gens. Quelqu’un a dit que ceux qui s’impliquent dans la religion ou la politique se dépouillent de 60 % de leur quotient intellectuel. Il semble que cette déclaration soit vraie. Apparemment la religion devrait amener les gens à Christ. Néanmoins, lorsque les gens sont centrés sur la religion, Christ disparaît ainsi que leur raisonnement. De cette manière, l’implication de notre homme naturel avec la religion devient notre plus proche parent, même lorsque nous désirons que notre plus proche parent soit Christ.
La réclamation du monde religieux sur l’homme naturel
Dans la religion, Christ est prêché et mentionné, et pourtant à l’écart de Christ Lui-même. Quelle est la caractéristique précise dans la religion qui attire si fortement notre homme naturel? Qu’est-ce qui la rend si captivante ?
Premièrement, il semble que la religion nous procure un moyen facile de plaire à Dieu sans Christ. Nous pouvons appeler ceci la loi. (La seule façon d’être délivré de la loi est d’être crucifié avec Christ. Ceci est démontré dans Romains chapitre six et sept. La loi ne peut pas régner sur une personne morte. Louez le Seigneur pour cela !) Dans chaque homme naturel des amoureux de Jésus, il y a une forte inclinaison vers la loi. L’homme naturel dit : « J’aime le Seigneur. Je sais ce que je ferai. Je mémoriserai tant de versets à chaque année. » Y a-t-il quelque chose de mal à cela ? Dans un sens, non, car notre tentative de garder une telle loi exposera notre réelle situation. Après que les Israélites avaient dit à Moïse au Mont Sinaï : « Nous ferons tout ce que l’Éternel a dit » (Exo. 19 :8), ils ont fini par danser autour d’un veau d’or avant même que Moïse ne soit redescendu de la montagne (Exo. 32 :1-6). Cet aspect exposant de la loi est une fonction positive de celle-ci.
Au travers de la loi
Vous direz peut-être : « Qu’allons-nous faire alors, si nous ne pouvons rien utiliser de la loi ? » Si nous ne servons pas le Seigneur de façon pratique, nous ne nous sentons pas satisfaits d’avoir fait ce que nous devrions. Qu’y a-t-il de mal à mémoriser 1,000 versets par année ? Si vous vous déterminez à cela, vous toucherez à Christ dans Sa parole, et vous serez exposé et vous viendrez à Christ pour confesser votre besoin de Lui. Mais si vous êtes capable de mémoriser seulement cinq versets ce mois- ci sur les quatre-vingt-cinq prévus, vous ne devez pas tomber sous la condamnation de la loi. L’homme naturel cherche à être justifié devant Dieu en essayant d’accomplir la loi. Néanmoins, la loi vous amène à Christ au travers de vos échecs. De cette façon, elle est une gardienne d’enfants pour vous amener à Christ (Gal. 3 :24). Et pourtant tant de chrétiens continuent d’être prisonniers de la loi, même après avoir reçu Christ.
Au travers de l’idéologie
La deuxième chose que l’homme naturel tire de la religion est l’idéologie. Christ ne nous a donné rien de moins que Lui-même ainsi que toutes les richesses de la vérité concernant Sa personne. Et pourtant il est si facile pour des chrétiens de prendre ce que Christ donne sans toutefois prendre Christ Lui-même, et de former une idéologie. Une fois que quelque chose que nous avons reçu devient une idéologie, nous sommes séparés de Christ.
Les frères Plymouth sont un bon exemple de cela. Durant les premiers jours ils ont reçu tant de richesses du Seigneur. Ils ont reçu tant de lumière dans la parole, et ils ont écrit tant de riches cantiques. Mais lorsque ce que le Seigneur leur a donné est devenu une idéologie, ils ont perdu le Christ vivant. Parmi les Plymouth aujourd’hui, une assemblée qui jadis amenait les bénédictions de Christ à des milliers de gens est maintenant devenue une réunion de quelques fidèles qui restent accrochés à quelque chose avec leur homme naturel. Ce qu’ils retiennent si fidèlement n’est pas Christ, mais plutôt une collection d’enseignements qui est devenue leur idéologie.
Nous devons également prendre garde concernant cette tendance, car l’idéologie se développe si facilement. Pour une raison ou une autre, il nous est beaucoup plus facile de s’accrocher à une idéologie plutôt que de s’accrocher à Christ. Une fois que l’idéologie est en contrôle, Christ ne l’est plus. Certains peuvent rester accrochés à une idéologie au point où ils ignorent ou renient la réalité du corps de Christ. Par exemple, certains chrétiens disent qu’ils sont luthériens à cause de leur idéologie. En fait ce sont des croyants régénérés, mais ils ont échangé la réalité du corps de Christ pour une idéologie. C’est pourquoi les églises locales sont si précieuses aux yeux de Dieu. Elles expriment uniquement la réalité du corps de Christ.
Parfois certains me testent pour voir si ce que je dis est selon l’enseignement de frère Lee. Ma réponse à cela est que j’ai grandi, en tant que croyant, exclusivement avec les riches enseignements de frère Watchman Nee et Witness Lee, et je n’en connais rien d’autre. Que quelque chose soit spécifiquement comme ce que ces deux serviteurs du Seigneur ont enseigné ou pas, je dois souvent vous répondre honnêtement que je ne le sais pas, car ma mémoire n’est plus tellement bonne, et je ne suis pas non plus le genre de personne orientée vers la recherche. De toute façon, pourquoi cela devrait-il devenir un différent, en autant que quelque chose de Christ et de la vérité est dispensé, et que c’est ce qui compte. Même parmi nous, je suis très inquiet que l’idéologie devienne un parent plus proche de nous que Christ Lui-même.
Au travers de la satisfaction et de la confiance en soi
La troisième chose du monde religieux qui correspond à l’homme naturel est votre désir de développer qui vous êtes. Ou encore une autre façon d’exprimer cela est de dire que l’homme naturel s’incline vers la confiance en soi, et notre inclinaison vers le développement de notre moi trouve sa satisfaction en faisant les choses de la religion. La religion est très bonne pour vous encourager à vous développer, et votre homme naturel ne demande que cela.
Les disciples, dans leur argument concernant qui serait le plus grand dans le royaume, sont une bonne illustration de cela. Également lorsque Pierre dit qu’il avait tout laissé pour suivre le Seigneur et a demandé ce qu’il recevrait en retour, ceci indique qu’il désirait quelque chose pour lui-même. (Matt. 19 :27) La chaloupe et la maison de Pierre n’étaient, sans aucun doute, pas de très grande valeur, même lorsque comparées à d’autres bateaux et à d’autres maisons. Pourtant il semble que Pierre n’avait pas honte de demander ce qu’il aurait en retour pour son maigre sacrifice. Ceci m’a toujours intrigué. Pourquoi nous, les chrétiens, sommes-nous comme cela ? Et pourquoi le Seigneur accepte-t-Il une telle chose ? Nous Lui disons combien nous L’aimons, et comment nous abandonnerons tout pour Lui. Bien qu’Il puisse le dire, le Seigneur ne dit jamais : « Tu mens. » Nous versons des larmes et confessons notre amour pour Lui. Aussitôt terminés, nous quittons Sa présence et allons faire quelque chose de séparé de Lui. Et malgré tout, Il continue de nous aimer, peu importe que nous sachions comment L’aimer adéquatement en retour ou pas.
En dépit de votre comportement, pour une certaine raison vous êtes très sûr de vous-même. Cette confiance en soi supplante Christ. Vous faites confiance en votre propre habilité à suivre Christ, pensant savoir comment Le satisfaire et Le servir. Frères et sœurs, vous ne le savez pas. Au contraire, vous avez un parent qui est plus proche que Christ, à savoir quelqu’un de plus proche, à qui vous vous accrochez. Celui-ci est votre homme naturel qui essaie de plaire à Christ. Vous ne comptez pas sur Christ pour Lui plaire; alors, par défaut, votre homme naturel est plus près de vous que Christ.
Ces trois aspects du monde religieux, vers lequel notre homme naturel est enclin, forment ainsi notre plus proche parent, même lorsque nous désirons que Christ soit notre plus proche parent. Premièrement, il y a notre désir d’accomplir la loi. Deuxièmement, il y a notre désir de défendre et de s’accrocher à une idéologie. Witness Lee, dans son livre intitulé The Speciality, Practicality, and Generality of the Church écrit que nous tous, en tant que l’église, ne devrions défendre que la foi commune à laquelle ont adhéré tous les véritables croyants, tel que révélé dans la Bible. Toute autre chose peut devenir une idéologie. » Troisièmement, nous avons confiance en nous-mêmes que nous pouvons faire quelque chose pour Christ, ou encore faire ce qui nous plaît envers Christ. À cause de tout cela, nous avons besoin de Christ en tant que notre Boaz pour faire quelque chose pour nous, si nous souhaitons appartenir à Lui seul pour toujours.
Boaz confrontant le plus proche parent
Maintenant, nous venons à nouveau au chapitre quatre de Ruth. Boaz se rend aux portes de la ville, et ce plus proche parent de Ruth survient. Boaz le fait asseoir, et demande aux anciens de la ville de s’asseoir. J’aime cette image. Le Seigneur est en charge et tous doivent Lui obéir. Même l’idéologie ne peut s’argumenter dans la présence du Seigneur. Ensuite Boaz commence à raconter comment Naomi est revenue du pays de Moab après avoir perdu sa portion de terre. (Malgré le fait que Naomi et son mari avaient vendu leur portion de terre, en réalité ils n’avaient que perdu leur « bail » jusqu’à l’arrivée du prochain Jubilé de cinquante ans. Ce qui était beaucoup plus inquiétant était le fait qu’il n’y avait pas d’héritier mâle, et dans ce cas, ils perdraient réellement leur portion de terre). Boaz insiste en disant: « Si tu vas racheter cette portion pour Naomi, alors rachète-la, car tu es le plus proche parent. » Lorsque nous lisons cela, nous pouvons devenir un peu nerveux, car qu’arriverait-il à Ruth si ce plus proche parent était d’accord ? C’est ce qui se produit effectivement, car ce parent semble heureux de prendre cette propriété et de la rajouter à sa terre. Cependant, Boaz lui rappelle que s’il fait cela, il doit également épouser Ruth la Moabite, et élever un fils par elle au nom de son défunt mari afin que son nom et son héritage ne soient pas retranchés d’entre son peuple. Entendant cela, ce proche parent recule devant l’idée et se rend compte qu’il ne peut pas s’acquitter de cette responsabilité. À ce moment, il concède ce droit à Boaz. Louez le Seigneur !
Telle est la situation. Lorsque le Seigneur vient et confronte notre homme naturel, nous L’écoutons, mais toujours avec nos lois, notre idéologie, et notre confiance en soi fermement en place. Le Seigneur dit : « Tu dois faire cela pour toi-même si tu souhaites accomplir ce qui est juste devant Dieu. » Au début nous sommes enclins à croire que nous pouvons le faire. Nous pouvons bien voir ce qui est profitable pour nous. Mais nous ne nous rendons pas compte que la loi, l’idéologie, et la confiance en soi n’ont pas vraiment à cœur ce qui est dans notre meilleur intérêt. Plutôt, nous ne sommes que le moyen ou l’instrument par lequel le monde religieux peut atteindre son but. Ceux qui sont sous la loi se rendent compte que la loi ne peut pas les rendre parfaits. Elle n’est qu’un moyen envers elle-même. Et sous l’idéologie, nous avons quelque chose en vue qui nous contrôle, mais ceci requiert que nous nous attachions à quelque chose, autre que Christ, pour l’accomplir. Elle requiert des partisans, elle a besoin de ce que nous soyons camarades, et elle requiert l’allégeance afin d’être maintenue. Parmi ceux contrôlés par l’idéologie, il n’y a pas de véritable amour qui recherche ce qu’il y a de mieux pour les autres. Alors la religion s’efforce joyeusement de saisir ce qui semble possible, pour son propre gain, au travers du nom de Christ dans un individu, jusqu’à ce que le Seigneur dise : « Attends ! Tu dois également élever des enfants à ce frère pour son héritage dans cette terre. »
Jusqu’à ce moment-là, ce proche parent a dû se sentir très fortuné que Boaz ait fait référence à toute cette affaire. Cela semblait vraiment à son avantage. Mais lorsque le Seigneur amène ce qui est vraiment profitable pour Élimélec et Naomi, ce proche parent devient démuni. Il ne se soucie que de son propre gain et non du gain de ceux dont il est légalement obligé de prendre soin. C’est la même situation avec le rapport de la religion avec notre homme naturel.
Si ce proche parent devait avoir un fils par Ruth, il était requit qu’un tel fils appartienne à Mahlôn, le fils d’Élimélec, et non à lui-même. Cet enfant serait élevé au nom d’Élimélec et de Mahlôn, et retournerait à la portion de terre rachetée qui appartenait à Élimélec. Ce proche parent considérait que ceci gâcherait son propre héritage (4 :6). En d’autres mots, ce proche parent ne se souciait que de ce qu’il pourrait gagner dans cette association avec Ruth. Il ne se souciait pas d’elle, bien qu’il était un parent si proche.
Christ versus la religion : l’un se soucie de nous, l’autre nous utilise
Le monde religieux nous utilise; il ne se soucie pas de nous. Le Seigneur, au contraire, se soucie de ce qui nous bénirait le plus. Il lutte pour ce qui serait une bénédiction pour nous. Il est ici à œuvrer pour notre maturité. Il ne nous utilise pas pour Son dessein de la façon dont certains pourraient penser. Nous sommes Son dessein, et le fait de Le gagner est ce qui devient notre plus haute bénédiction. La religion cherche seulement à contrecarrer cela afin qu’elle puisse maintenir sa propre existence et être agrandie, avec ses lois, ses idéologies et l’exaltation du moi.
Le parent qui était plus proche a donc cédé ses droits en retirant sa sandale et en la remettant à Boaz. Ceci était une coutume à cette époque, et je ne crois pas que nous devions chercher à connaître la signification particulière d’une sandale et ainsi de suite. Symboliquement, cela voulait tout simplement dire : « Je suis dégagé de cela et je concède tous mes droits dans cette situation. » Boaz a dit ensuite : « Vous êtes aujourd’hui témoins que j’ai acheté de la main de Naomi tout ce qui était à Élimélec, et tout ce qui était à Kilyôn et à Mahlôn et aussi que je me suis acquis pour femme Ruth la Moabite, la femme de Mahlôn, pour relever le nom du défunt sur son héritage, afin que le nom du défunt ne soit pas retranché d’entre ses frères et de la porte de son lieu; vous en êtes témoins aujourd’hui ! » (4 :9b-10a). Ceci révèle que Boaz accomplirait quelque chose pour Naomi et pour Ruth qui nécessiterait beaucoup de labeur, et qu’il ne recevrait rien en retour. Boaz accomplissait quelque chose qui n’était pas pour lui, mais pour le bien de quelqu’un d’autre.
Lorsque le Seigneur a pris notre vie sur Lui-même, il semble qu’Il n’ait obtenu rien d’autre qu’une grande quantité de travail ardu. Mais au moins Il nous a obtenus. La façon du Seigneur est toujours de se répandre Lui-même pour nous et de souffrir à notre place afin que nous puissions atteindre l’ultime bénédiction.
Tous les anciens et ceux qui étaient là ont répondu à toutes ces paroles : « Nous en sommes témoins. » Peut-être qu’ils ne comprenaient pas pourquoi Boaz faisait tout cela. Ruth était jeune et possiblement belle, mais ce que Boaz entreprenait était quelque chose qui ne lui apporterait pas de gain particulier à long terme, car quiconque serait né de leur union finirait par être crédité à Mahlôn. Boaz devrait travailler au profit d’un autre, pour la part de quelqu’un d’autre, et élever quelque chose pour un autre. Combien droit, aimable et juste était Boaz ! J’espère que nous aurons tous un cœur comme lui pour lutter pour le bien des autres plutôt que seulement pour le nôtre.
Parfois j’entend un frère parler de façon critique contre une certaine personne pour avoir quitter la vie de l’église. Premièrement, dans chacun de ces cas pouvons-nous dire qu’ils ont vraiment quitté la restauration ? Et deuxièmement, ceci ne représente pas le cœur de Dieu, car Dieu hait de voir quiconque perdre sa portion de la jouissance de Christ. Nous ne devons jamais parler ainsi de quiconque quitte la vie de l’église. Sommes nous des genres de héros, que nous soyons capable de jouir de la vie de l’église jusqu’à ce jour ? Nous savons que cela est entièrement dû à la miséricorde du Seigneur. En tant que ceux qui prennent position pour l’unité du corps de Christ, nous ne sommes pas une secte, cependant, parfois nous pouvons vraiment être très étroits.
La bénédiction sur Ruth et Boaz
En fin de compte tous les gens à la porte de la ville et les anciens ont béni Boaz avec une bénédiction très intéressante. Ils ont dit : « Fasse l’Éternel que la femme qui entre dans ta maison soit comme Rachel, et comme Léa. » À cela j’aurais été insulté, car malgré que Rachel signifie « agneau » en hébreux, Léa signifie « lassitude » ou « fatigue. » C’est comme si l’on disait : « Que ton épouse soit comme un agneau et soit comme la fatigue! » Ces deux femmes, par contre, sont les deux qui ont bâti la maison d’Israël (4 :11).
Frères et sœurs, si nous désirons édifier le témoignage du Seigneur, nous devons expérimenter ce qui est signifié par les noms de Rachel et Léa. D’une part, nous sommes ceux qui se sont consacrés au Seigneur pour Son dessein. Parfois nous sommes très forts et hardis à déclarer notre consécration pour Lui. D’autre part, nous sommes si faibles qu’il semble que nous ne puissions pas nous élever du tout. Mais à cause de notre soumission au Seigneur, notre faiblesse est vue comme celle d’un agneau. À cause du fait que nous Le connaissons et que nous nous connaissons nous-mêmes, le Seigneur a le moyen d’édifier Son royaume au travers de nous.
Le royaume du Seigneur n’est pas principalement établi au travers de l’exercice si prédominant. Non. Au contraire, le royaume du Seigneur est édifié lorsque nous nous confions en Lui au milieu de nos limites, dans nos faiblesses. Bien que nous soyons faibles, nous sommes Ses brebis. Louez le Seigneur pour Rachel et Léa !
Ensuite les gens ont continué : « Et deviens puissant dans Éphrata, et fais-toi un nom dans Bethléhem ! Et que, de la postérité que l’Éternel te donnera de cette jeune femme, ta maison soit comme la maison de Pérets, que Tamar enfanta à Juda ! (vv. 11b-12). « Pérets » signifie « finir par accoucher. » Il y avait quelque chose de limité et de retenu, mais maintenant quelque chose s’est produit ! Ensuite ils ont abordé le sujet de Tamar et de Juda, ce qui était quelque chose de très honteux. Tamar était la belle-fille de Juda. Elle s’est déguisée en prostituée et a enfanté un fils à Juda. Si j’étais Boaz, je serais insulté si l’on comparait ma future épouse à une telle femme. Mais en fait ce cas était mentionné comme un encouragement à Boaz, car malgré le fait que Ruth, en tant qu’une Moabite, provenait d’un arrière plan si ténébreux, il en est de même pour Pérets, qui est venu par un accouchement d’un arrière plan aussi ténébreux, mais qui est devenu une bénédiction en Israël. En fin de compte Pérets, ainsi que le fils qui naîtrait de Boaz et de Ruth, deviendraient le moyen par lequel Christ viendrait dans la chair (Matt. 1 :3,5).
La bénédiction de Naomi en Ruth et Boaz
Les femmes ont dit ensuite à Naomi combien bénie elle était, disant : « Béni soit l’Éternel, qui ne t’a pas laissé manquer aujourd’hui d’un homme qui ait le droit de rachat ! Et que son nom soit nommé en Israël. Et il sera pour toi un restaurateur de ton âme, et un soutien de ta vieillesse ! Car ta belle-fille qui t’aime, l’a enfanté, elle qui vaut mieux pour toi que sept fils. (vv. 14-15). Ce livre s’appelle le livre de Ruth, mais il commence et se termine avec Naomi. Naomi n’est plus Mara (amère; voir 1 :20), car maintenant elle est vraiment bénie. Au travers de Boaz, Naomi est bénie ainsi que Ruth, et elle obtient même un restaurateur de la vie dans sa vieillesse. Si vous suivez le Seigneur, vous ne devez jamais être découragé. Il y aura toujours quelque chose du Seigneur pour vous soutenir. Ruth elle-même est devenue meilleure que sept fils pour Naomi. Le Seigneur préfère beaucoup plus avoir un seul vainqueur que sept personnes qui « vont à l’église tous les dimanches. »
La continuation : Obed, Jessé et David
Boaz et Ruth se sont donc finalement mariés, et ils ont eu un fils. Au verset 16 Naomi a pris l’enfant, l’a mis dans son sein, et est devenue sa nourrice. Ensuite quelque chose d’intéressant s’est produit. Il semble que ce soit les voisines qui sont venues dans la maison et ont donné un nom à l’enfant. Elles l’ont appelé Obed, qui signifie « servir » ou « adorer. » Cela est très révélateur lorsque ces deux significations peuvent se retrouver dans la même personne. Obed est devenu le père de Jessé (« Jéhovah existe, ») qui était le père de David (« Bien-aimé. ») Le mot qui forme la racine du nom de David est beaucoup utilisé dans la Bible.
Il y a trois endroits dans la Bible où dix générations sont mentionnées. Le premier endroit est dans Genèse 5, qui progresse d’Adam à Noé. Le deuxième est dans Genèse 11, qui progresse de Sem à Abraham. La troisième série de dix générations est ici dans Ruth, chapitre quatre. La première série de dix couvre l’expérience de la rédemption, la seconde couvre l’expérience de l’appel de Dieu, et cette troisième couvre l’expérience d’être amené de la régénération jusqu’au royaume de Dieu.
J’espère que nous sommes tous impressionnés de ce sujet de Christ en tant que notre proche parent et de la religion en tant que notre autre parent encore plus près de nous. Si nous voyions ces deux parents – Boaz et le plus proche parent – ils paraîtraient peut-être presque identiques. Combien proche était Boaz de cet autre parent ? Peut-être très proche, si proche qu’il était difficile de différencier entre les deux. Qu’est-ce qui les différencie ? L’un désire prendre ce que vous avez, et l’autre désire se donner lui-même à vous parce qu’il se soucie de votre ultime profit. Puissions-nous tous donner notre cœur au Seigneur aujourd’hui tout comme Ruth a donné le sien à Boaz, afin que le Seigneur puisse nous révéler ce qu’Il est, ainsi que celui qui rivalise avec Lui pour notre cœur et notre pensée. Que le Seigneur ait de la miséricorde envers nous pendant que nous Le poursuivons en tant que notre unique désir, jusqu’à ce que Lui et nous soyons véritablement un.
Seigneur, ceci est notre désir.